Article publié le 22 Juillet 2021 08:00:00
par Sophie CHAUDEY

Chatons à l’adoption : « On est totalement saturé »

Satine, de l'association Les Boules de Poils © Les Boules de Poils
 

Alors que la « saison des chatons » bat son plein, les associations sont débordées par un afflux de boules de poils. De nombreuses annonces d’adoptions sont à retrouver sur Solidarité-Peuple-Animal. 

Ils s’appellent Salameche, Satine, Pumky, Rosty ou bien encore Gracie, et sont tous des chatons plus mignons les uns que les autres … ces dernières semaines, voire ces derniers mois, impossible de ne pas fondre devant les très nombreuses photos des adorables boules de poils proposées à l’adoption sur le site de Solidarité-Peuple-Animal. Mais derrière ces multiples annonces se trouve une dure réalité pour les associations.

« La période est extrêmement difficile, on est totalement saturé, déplore ainsi Evelyne Casimir présidente de l’École du Chat Libre du Parisis, dans le Val-d’Oise (95). L’année dernière nous avons accueilli 576 chatons, et cette année nous sommes bien partis pour prendre autant de félins en charge, c’est exponentiel… On est appelé de tous les côtés, mais on ne peut pas pousser les murs ! » Magali Huyghues des Étages, responsable de la toute jeune association Les Boules de Poils, créée en été 2020 dans la Nièvre (58), connaît également une saison particulièrement dure : « J’avoue que je ne m’attendais pas à ça, nous a-t-elle confié. Les chatons sont arrivés en masse, dès le mois de juin. Nous en avons eu jusqu’à 67 en même temps. Pour une petite association comme la nôtre, qui ne fonctionne qu’avec des familles d’accueil, c’est très compliqué à gérer. »

Des associations saturées

En cette période estivale, les associations fonctionnent donc en flux tendu, et certaines affichent complet. « C’est la première année que nous avons été obligés de stopper les prises en charge, déplore ainsi Marie Gilles, vice-présidente de l’association Adopte Un Matou, dont le siège se trouve dans les Yvelines (78). Ces derniers mois, nous avons enregistré une augmentation significative des prises en charge de chats et plus particulièrement de chatons avec ou sans maman.  D'un autre côté, les demandes d'adoptions sont plus faibles que les années précédentes. Nous avons des chatons de 4 mois qui devraient déjà être adoptés ! Par conséquent nous sommes, comme bon nombre d'associations et de refuges, saturés. » La responsable indique par ailleurs devoir, cette année plus que les autres étés, devoir « jongler avec le départ en vacances des familles d'accueil, qui partent beaucoup plus longtemps que d’habitude. Pour certaines, cela va jusqu'à deux mois d'absence. Étant de nouveau libres de se déplacer, elles en profitent. »

Le grand nombre de chatons à gérer augmente aussi parfois le risque de contamination. Issus de la rue, les jeunes chats sont bien souvent atteints de différentes maladies très contagieuses, coryza en tête. Magali Huyghues des Étages souhaiterait, en plus des familles d’accueil avec lesquelles son association fonctionne, avoir une aide de sa commune « pour trouver un local afin d’isoler certains chats et éviter les contaminations. »

Squeezie, de l'association Les Boules de Poils © Les Boules de Poils

 

Une saison des chatons de plus en plus longue

Par ailleurs, cette surcharge de chatons intervient alors que les associations n’ont pas, ou peu connu de période d’accalmie. « La saison des chatons dure de plus en plus longtemps, constate ainsi Marie Gilles d’Adopte Un Matou. Bientôt il ne va plus y avoir de saison tout court ; les naissances vont avoir lieu tout au long de l’année, alors que les adoptions sont moins nombreuses. »

Pas de repos non plus pour les associations du Val-d’Oise comme le relate Evelyne Casimir de l’École du Chat Libre du Parisis. « Nous n’avons pas vraiment connu de période creuse. Il y a eu des naissances en décembre, nous avons donc placé des chatons jusqu’en mars. Puis, le premier chaton de la vague 2021 est arrivé, et depuis avril, ça a déferlé. C’est du non-stop ! » La situation peut cependant varier d’une région à l’autre. « Pour nous, ça a commencé début juin, avec des prises en charge de chatons parfois très jeunes, d’un mois voire moins. On a dû les biberonner, ce qui est très prenant, détaille ainsi Magali Huyghues des Étages, de l’association Les Boules de Poils. En ce moment nous sommes dans le creux de la vague, ça s’est légèrement calmé. Mais on redoute la prochaine affluence, les naissances vont reprendre. »

Les chats adultes ne sont pas oubliés

L’affluence de chatons représente donc une véritable urgence à gérer pour les associations. Mais elles n’en oublient par autant les autres matous à sauver. « Nous prenons également en charge beaucoup d’adultes, qui nous arrivent dans de piètres états, explique ainsi Evelyne Casimir. On continue d’avoir de jeunes chats, nés en 2020 lors du premier confinement. Je pense qu’on va subir pendant au moins deux ou trois ans la période d’arrêt des stérilisations du printemps dernier » analyse la responsable du refuge.  

Fluffy, jeune chatte d'Adopte Un Matou © Adopte Un Matou

Qui dit chatons affluence de chaton, dit également beaucoup de chattes à sauver, comme le rappelle Magali Huyghues des Étages : « Quand cela est possible, on sauve les mères des jeunes chats : on les soigne, on les stérilise et on les propose à l’adoption. Certaines ont été adoptées ces dernières semaines, en pleine saison des chatons. C’est une vraie chance ! »

Besoin de nourriture, de litière et de bénévoles

Pour venir en aide aux associations, les dons d’argent sont toujours nécessaires, mais les dons de nourriture et de matériels sont également très attendus. « Nous avons grandement besoin de nourriture pour chatons » indique ainsi Marie Gilles, d’Adopte Un Matou, tandis que Magali Huyghues des Étages, de l’association Boules de Poils, nous fait savoir qu’elle se trouve dangereusement à court de litière : « dans quatre ou cinq jours, je n’ai plus de stock. » Et bien-sûr des familles d’accueil « sérieuses et fiables » comme le souligne Marie Gilles, restent essentielles pour les associations. De plus, des bénévoles, pour l’entretien des locaux, sont recherchés par l’École du Chat Libre du Parisis tout au long de l’année.

Enfin, les adoptions sont aussi un très bon moyen de venir en aide aux associations. Attention cependant aux coups de tête. Une adoption est un véritable engagement et doit toujours être murement réfléchie. Retrouvez les 15 engagements notre charte du maitre responsable, et toutes les annonces des animaux à l’adoption dans notre rubrique dédiée. Cliquez ici, puis sur l'onglet "Annonces".