Article publié le 09 Avril 2021 11:00:00
par Sophie CHAUDEY

Urgence pour la stérilisation des chats errants

L’École du chat libre de Bordeaux tire la sonnette d’alarme sur la nécessité de poursuivre les campagnes de stérilisation des chats errants, même en période de reproduction : pour cela, les associations locales ont besoin de l’aide des particuliers. 

L’École du chat libre de Bordeaux (33) a trois missions principales : la stérilisation des chats errants, l’adoption des chats les plus sociaux et la sensibilisation du grand public aux problématiques des chats des rues. C’est justement pour alerter sur la situation de ces félins que l’association a fait appel à Solidarité-Peuple-Animal. Elle souhaite faire passer un message essentiel auprès de toutes les personnes désireuses d’œuvrer pour la protection des matous : la stérilisation des chats errants, même en période de reproduction, est la seule solution efficace pour lutter contre la surpopulation et la misère féline.

Baisse inquiétante du nombre d’appels

Or, l’association est inquiète car depuis quelques semaines elle reçoit moins d’appels de personnes lui signalant la présence de chats errants.  « On ne peut pas avoir des yeux partout, explique Audrey Aksent, bénévole à l’École du chat libre de Bordeaux depuis deux ans. Pour savoir où nous devons agir sur le terrain, nous avons besoin que des personnes nous contactent. »

©École du chat libre de Bordeaux 

La crise sanitaire peut expliquer en partie cette baisse des appels. Les personnes sont potentiellement moins à l’extérieur et donc moins au contact des populations de chats errants. Par ailleurs, « il est possible qu'avec la situation actuelle anxiogène, l’avenir incertain et les difficultés financières induites par la crise, moins de personnes ont l’envie ou tout simplement la possibilité de nourrir les chats errants, analyse Audrey Aksent. Ou bien des nourrissages se poursuivent, mais les gens ne désirent pas « s’engager plus loin » en faisant appel à une association pour venir capturer les chats et les faire stériliser. »

Pour les associations, les « nourrisseurs » sont pourtant de précieux relais pour agir sur le terrain. Cependant, il ne faut pas attendre que la situation devienne ingérable pour faire appel à une association locale. « Lorsqu’on nous contacte, c’est le plus souvent en urgence. Des personnes ont commencé à nourrir quelques chats errants et se trouvent vite dépassées par la situation. Surtout, il ne faut pas attendre la naissance des chatons pour appeler à l’aide » tient à rappeler Audrey Aksent.

Urgence à agir

Car le retour du printemps annonce également le début de la période de reproduction des chats. « Nous craignons d’être submergés dans deux semaines, parce qu’il y aura des petits chatons partout. Les mamans vont mettre bas, soit sur les sites de nourrissage, soit elles vont y ramener leurs chatons… Nous ne pourrons alors pas apporter notre aide à toutes les personnes qui en auront besoin, alerte Audrey Aksent. On ne pourra pas sauver autant de chats que l’on aurait pu, si on nous avait contacté avant les périodes de chaleur, ou bien dès maintenant, avant les mises bas. »

Pour l’association, il faut ainsi impérativement continuer les stérilisations des chats errants, même si les femelles sont gestantes. L’École du chat libre de Bordeaux assumme cette option, qu'elle préfère à l’euthanasie des chatons. Concrètement, la stérilisation des chattes gestantes consiste à effectuer une ovario-hystérectomie, c’est à dire à la fois une hystérectomie (pour enlever l’utérus) et une ovariectomie (le retrait des ovaires). « Une stérilisation de chatte gestante est plus lourde qu’une stérilisation de chatte non gestante, c’est certain, précise Audrey Aksent. Les femelles restent au moins une semaine en convalescence, pour éviter tout risque de complication. »

 

Mieux vaut prévenir

En dehors des périodes d’urgence comme le printemps, l’idéal est donc d’agir avant le début des chaleurs. L’École du chat libre rappelle la bonne marche à suivre lorsqu’on repère un ou plusieurs chats errants : commencer par faire appel à une association pour capturer l’animal et le faire stériliser, puis seulement continuer à nourrir les animaux.

Avec la stérilisation, la population de chats est stabilisée, les femelles évitent les gestations à répétition et les mâles sont beaucoup moins sujets aux bagarres et aux risques de maladies qui les accompagnent, comme la leucose ou le FIV. Tout au long de l’année, il ne faut donc pas hésiter à faire appel à des associations locales de protection animale, ou à contacter directement sa mairie, légalement responsable des chats errants de la commune. « Un arrêté du 3 avril 2014 précise que les communes doivent gérer les populations de chats errants sur leur territoire, en privilégiant les campagnes de stérilisation puis de remise en liberté » rappelle l’École du chat libre de Bordeaux.  

 

Pour contacter l'École du chat libre de Bordeaux, retrouver son profil ici