Article publié le 07 Avril 2021 09:00:00
par Sophie CHAUDEY

Poils de tendresse, un chenil pour les chiens de montagne

Alors que se prépare la période de transhumance, chaque année des chiens inaptes au troupeau se perdent. L’association Poils de tendresse dans la vallée de la Tinée les recueille. Aujourd’hui, elle a besoin de soutien pour aménager deux nouveaux chenils.

Saint-Étienne-de-Tinée est une commune située au cœur du parc national du Mercantour, dans le département des Alpes-maritimes (06). C’est là que se trouve l’association Poils de tendresse, fondée et dirigée par Allison Sanchis. Chaque année, la petite structure recueille des chiens égarés, particulièrement au printemps et à la fin de l’été, lors des mouvements de transhumance.

Il s’agit de la seule association de la vallée de la Tinée à s’occuper des chiens perdus, au nombre de quatre à six par an. Équipée d’un lecteur de puce pour identifier les animaux, la présidente de Poils de tendresse travaille ainsi en étroite collaboration avec la gendarmerie, l’office de tourisme ou bien encore les gardes champêtres.

Pour officialiser ces actions de refuge et de fourrière, la mairie de Saint-Etienne-de-Tinée a offert à l’association deux chenils, qu’il faut désormais installer : « Je recherche des bénévoles pour créer une dalle, en sachant qu’il s’agit d’une petite surface » précise Allison Sanchis.

"Les chiens errants, non identifiés, sont rares sur le secteur mais quand ils sont là il faut les aider à ne pas rester" indique l'association © Poils de tendresse

 

Nouvelle vie pour les chiens de troupeaux

Ces travaux vont ainsi permettre à l’association de continuer à mener ses missions. Les chiens qu’elle prend en charge ont des profils différents. Il s’agit parfois d’animaux de touristes, nombreux dans cette région très fréquentée aussi bien l’hiver que l’été. Dans ce cas, Allison Sanchis s’occupe de rechercher les propriétaires si les animaux sont identifiés par puce ou par tatouage. Le plus souvent, l’histoire connait une fin heureuse et les chiens retrouvent leur maître.

Chaque année, Poils de tendresse recueille également un ou plusieurs chiens de travail ; des chiens qui se sont échappés de leur troupeau. En accord avec le berger et l’éleveur, avec lesquels Allison Sanchis « travaille en bonne intelligence », ces chiens sont confiés à l’association. Inaptes à la conduite d’un troupeau, une nouvelle vie les attend. Le rôle de Poils de tendresse est alors de les accueillir au refuge, en montagne, en attendant de pouvoir les transférer au refuge de Carros, près de Nice, avec laquelle Allison Sanchis travaille.

© Poils de tendresse

« Il n’est pas toujours facile de trouver des adoptants, parce que ce sont des chiens qui ont besoin d’espace ; ils ne sont pas forcément adaptés à une vie en appartement » souligne la présidente de Poils de tendresse. Mais les chiens peuvent compter sur l’expérience des deux associations pour leur trouver un nouveau foyer. Parfois, les anciens chiens de troupeaux, par leur caractère et leurs aptitudes, développent une nouvelle vocation. « Ces dernières années, deux de nos protégés sont devenus des chiens d’assistance pour enfant handicapés. Ce sont deux belles réussites » se réjouit Allison Sanchis.

Des investissements pour les ovins et caprins

Poils de tendresse accueille également des ovins et des caprins, perdus de transhumance ou abandonnés par des particuliers. Depuis peu l’association participe « à petite échelle » à la sauvegarde de la race marron des aravis, en voie de disparation. Une brebis gestante se trouve actuellement au refuge, ce qui est encourageant pour l’action de sauvegarde génétique entreprise par l’association.

©Poils de tendresse

L’année dernière, la vallée de la Tinée a subi les dégâts de la tempête Alex. La route a été détruite, mais heureusement « reconstruite assez rapidement, précise Allison Sanchis. En revanche j’ai été bloquée trois jours en bas, du coup il n’y avait personne pour les animaux, c’est une amie qui est venue les voir de temps en temps. De ce fait, je cherche un financement pour acheter des caméras de surveillance. De manière à ce que si un épisode d’absence se renouvelle, je puisse voir ce qu’il se passe. » La présidente craint, entre autres, les vols de moutons et de chèvres, fréquents dans la région. Par ailleurs, le loup étant de retour dans le Mercantour, Allison Sanchis souhaiterait installer des lumières à détecteur de mouvement pour écarter le prédateur la nuit.

Des familles d’accueil pour les lapins et cochons d’Inde

Enfin l’association s’occupe également de NAC, qui ne vivent pas en refuge mais sont placés en famille d’accueil. Poils de tendresse est toujours à la recherche de nouveaux volontaires pour accueillir des lapins et des cochons d’Inde, autour de Grasse et Mouans-Sartoux.

 

Si vous souhaitez apporter votre aide à Poils de tendresse, sachez que le refuge ouvre ses portes tous les weekends. « Vous pouvez venir, il y a toujours quelque chose à faire, lance la présidente. A condition d’appeler avant, pour les mesures Covid. »

Pour contacter l’association, consultez son profil ici.